-BX 19 GTI-

                                          (1986-1993)

 

_retour sommaire essais

 

A l'origine série limitée, la BX Sport remporta un tel succès que sa fabrication en petite série fut poursuivie, en dépit du caractère artisanal de l'étude de sa réalisation.

 

 

       Par rapport aux 105ch de la BX 19 GT, les 126ch de la sport étaient obtenus grâce à des modifications de la culasse réalisées par le transformateur Danielson. Les formes des chambres d'explosion étaient modifiées, tout comme le diamètre des soupapes, leur loi de levée et aussi l'alimentation, avec deux importants carbus double corps Solex de 40, cela sans oublier un échappement revu et corrigé. Avec un rapport volumétrique de 9.5, la sport alignait 126ch à 5800tr/m, et 17.2 mkg de couple maximal, à 4200tr/m .

                                                                   

Aujourd'hui Citroën a choisi, en quelque sorte, "d'officialiser" cette transformation, en créant une BX GTI destinée à concrétiser un haut de gamme, débarrassé a priori de toutes les improvisations inhérentes à une série limitée. En ce qui concerne le moteur, on retrouve le même moteur 100% alliage léger ,avec la même cylindrée de 1905cm3 et une puissance administrative française de 9cv. Toutefois ,l'alimentation est effectuée maintenant par un système d'injection électronique Bosch LE-3-Jetronic, avec coupure d'alimentation à la décélération. Le rapport volumétrique a été considérablement abaissé puisqu'il ne dépasse plus 8.4 et, malgré cela, la puissance disponible atteint encore 125ch mais à 5500tr/mn seulement, avec un couple maximal de 17.8 mkg à 4500tr/mn. Coté transmission, la boite est toujours à cinq rapports, avec une 5e surmultipliée fournissant 34.22 km/h aux 1000 tr/mn, alors que la Sport "tirait" un peu plus court, avec 33.29 km/h. A noter que les rapports de boite sont identiques mais que le pont de la GTI est un 61x17 contre 59x16 pour la Sport, cela avec des pneumatiques de série identiques ,à savoir des 185/60 R 14.Comme sur la Sport ,la suspension a été affermie par rapport aux autres versions du modèle, en ce qui concerne entre autres le tarage des sphères. Par ailleurs, la direction à crémaillère est assistée hydrauliquement en série et le freinage se trouve assuré par quatre disques, avec, pour la première fois sur ce modèle, la possibilité de jouir ,moyennant 8900 francs, d'un ABS dont on ne dira jamais assez l'utilité. La BX bénéficie enfin des mêmes modifications que l'ensemble des autres versions, ailes avant et arrières élargies- avec les pneus étroits des versions de base, le tableau est un peu ridicule-,pare-chocs "boucliers" nettement plus importants et nouvelle planche de bord ,sensiblement plus orthodoxe que l'ancienne.                

A Montlhéry, cette GTI ,Xème du nom, nous a proposé une vitesse de pointe de 196.4 km/h qui correspond aux indications du constructeur ,c'est à dire 198 km/h. En ce qui concerne la nervosité, les 400 mètres départ arrêté ont été couverts en 16sec.6/10e et les 1000 mètres en 30sec.7/10e. De la sorte ,l'injection se révèle légèrement moins convaincante que les carburateurs- si l'on peut dire...- puisque la sport bat la nouvelle venue de 5/10e de seconde aux 400 mètres et du même temps aux 1000 mètres, cela pour une vitesse de pointe strictement identique! Puis, dans le domaine des reprises en 5e - dont l'importance est grande en ce qui concerne l'agrément de conduite- la GTI se montre également inférieure à la Sport, avec 18 sec.3/10e au passage aux 400 mètres et 35 sec.3/10e aux 1000 mètres, alors que la Sport aligne, dans les mêmes conditions, 17 sec.6/10e et 33 sec.8/10e, les différences étant donc très nettes! Ainsi, on est en droit de s'interroger sur ce que l'injection apporte à l'acheteur en ce qui concerne les performances... Mais, parlons maintenant consommation. Là encore, un simple rapprochement des courbes établies pour les deux voitures à vitesse constante permet de constater que la Sport se comporte mieux que la GTI, cette dernière consommant généralement un litre de plus que sa cousine ,à vitesse égale. Cela étant, l'appétit de la dernière née ne peut quand même pas être jugé exagéré. Avant d'abandonner la mécanique, il reste à parler insonorisation et bruit. Encore une fois, la GTI ne peut, à cette égard, soutenir la comparaison avec la Sport. Dans tous les cas de figure, extérieurement comme intérieurement ,au ralenti comme à 60, à 90 ou à 130 km/h, la GTI affiche des résultats moins favorables que ceux de la Sport, avec, toutefois ,un bilan global encore très acceptable. Fort heureusement ,le déclin n'a pas atteint les qualités routières qui sont demeurées intactes.   

                                                           

                             

Comme ses sœurs, la BX GTI tient extrêmement bien la route, avec une très faible tendance à sous-virer et une agilité qui ne demande qu'à s'exprimer en de bonnes mains. Et ,de surcroît, la suspension hydropneumatique est là pour assurer une excellente adhérence sur les revêtements les plus médiocres. Le confort est réel, aussi bien à vide qu'à pleine charge en dépit des pneus à taille super-basse qui ne se privent pas de réagir sèchement dans les hautes fréquences. Cela étant ,il ne parait pas inutile de relever la contradiction qui semble exister entre les conclusions du précédent paragraphe et le comportement à proprement parler catastrophique de la BX 4TC en compétition. En premier lieu ,il faut admettre qu'une solution peut fort bien être parfaitement adaptée à une utilisation donnée et se révéler dépassé par ailleurs. Il est vrai que les ingénieurs parviennent aujourd'hui à créer des suspensions "classiques" capables d'absorber les pires chocs en compétition mais ce résultat est obtenu au prix de revient ,voire d'un encombrement ,inconcevables sur une voiture de série. Contrairement ,à ce que l'on pourrai croire ,la suspension hydropneumatique est infiniment plus simple que ces ensembles multi-bras et multi-amortisseurs dont s'enorgueillissent les Peugeot, Audi, Lancia ou Ford mais sa fiabilité est limitée à ce qu'on peut exiger d'une voiture de tourisme sur routes ouvertes .Pour en revenir à la GTI, sa direction assistée en série est a la fois légère et très précise, avec une bonne position de conduite, tandis que son freinage assistée par l'ABS- dont le supplément apparaît sensiblement moins coûteux que chez la plupart des autres marques- s'avère bien équilibré et ,surtout ,plus endurant à chaud que celui de la Sport. Avec la Sport l'arrière de la BX avait été transformé au point de créer une silhouette agressive et particulièrement attrayante. La GTI marque à cet égard une très regrettable régression et les nouveaux boucliers- dont je ne discute pas l'intérêt- alourdissent encore l'arrière. Quel massacre! 

                                                                                                                                 

                                                                                                                                                                                                                                                                                               ->  suite page 2